De l’utilité des multiples

De l’utilité des multiples

Vous souhaitez valoriser rapidement votre entreprise. Le multiple d’une transaction comparable est un instrument souvent utilisé dans ce cas. Il s’agit du rapport entre le prix payé et certaines variables clés du marché, comme le cours/bénéfice (C/B) ou la valeur de l’entreprise/EBITDA.

Quand sont-ils utiles ? Et à quoi faire attention lorsqu’on les applique ? Dealmakers vous apporte quelques explications.

Facile ?

L’utilisation des multiples est à première vue une technique simple et facile et, pour cette même raison, populaire : vous calculez en effet la valeur de votre entreprise sur la base de la valeur de vente d’entreprises et de transactions similaires. Comment ? Vous constituez un échantillon, calculez les multiples moyens payés par le repreneur et les adaptez à votre entreprise.

Pourtant, il y a de grandes chances pour que vous en tiriez une mauvaise conclusion. Trop souvent, plusieurs aspects importants sont trop souvent négligés. Nous expliquons quatre points d’attention.

Quatre points d’attention

Veillez avant toute chose à composer un échantillon représentatif qui correspond le plus possible à l’entreprise que vous souhaitez évaluer. Accordez surtout une attention à la taille, à la croissance attendue, à la rentabilité, au segment du marché et à la position des entreprises sur le marché. En effet, il n’y a aucun intérêt à appliquer le multiple moyen dans le secteur alimentaire pour évaluer un traiteur. Vous ne pouvez pas non plus appliquer le multiple d’une entreprise connaissant une croissance explosive à une entreprise mûre.

La dette des entreprises est déterminante pour une comparaison correcte. Certains multiples, comme le cours/bénéfice, sont calculés sur la valeur des actions. Il s’agit de la valeur de l’entreprise moins la dette nette de l’entreprise. Comment avoir la certitude de calculer correctement votre multiple ? Vous majorez d’abord la valeur des actions de chaque entreprise de l’échantillon avec sa dette nette. Puis, sur cette base, vous calculez le multiple moyen et l’appliquez à votre entreprise. Vous calculez ensuite votre propre dette nette pour connaître la valeur de vos actions.

Tenez également compte de l’aspect financier des postes non opérationnels, comme les coûts et les recettes uniques ou exceptionnels ou les intérêts sur les moyens liquides excédentaires. Les leasings opérationnels sont un autre cas à part. Ils masquent une dette à long terme, des amortissements et des intérêts, mais surestiment en revanche les coûts de location.

Enfin, examinez attentivement la définition du multiple et la base sur laquelle vous l’appliquez. À quelle période la variable clé calculée se rapporte-t-elle : l’année dernière, le premier exercice budgétaire ou les quatre derniers trimestres ? Les multiples qui se rapportent à des transactions peuvent renvoyer à une transaction réellement conclue ou aux grandes lignes d’un accord annoncé. La valeur de la transaction comporte-t-elle un earn-out, qui ne sera peut-être jamais versé ?

Les multiples ne sont utiles que lorsque vous êtes certain de leur qualité.  Et comme pour toute autre méthode de calcul, vous devez avant tout y investir suffisamment de temps et d’énergie. Car c’est le seul moyen d’avoir la certitude d’appliquer un multiple correct et une valorisation sérieuse. Dans tous les cas, mieux vaut associer plusieurs méthodes, parce que chacune exige une analyse différente, ce qui permet de fournir de nouvelles informations.

Conclusion

Les multiples sont populaires parce qu’ils sont tellement simples. Malheureusement, cela renferme un risque. Ils ne fournissent des résultats utiles que si vous vous basez sur une analyse approfondie. Et même dans ce cas, nous vous conseillons de toujours comparer la valeur au résultat des autres méthodes, comme la méthode DCF et la valeur substantielle. C’est la seule façon d’avoir un bon aperçu de la valeur réelle de votre entreprise.